jeudi 6 mai 2010
A bas la « cucuterie »
Par Les journalistes, jeudi 6 mai 2010 à 13:57 :: Tribune
Cucuterie : culte du « cul cul la praline » (néologisme que j’emprunte avec grand plaisir à mon père)
Alors que les médias exploitent à loisir la « cucuterie » en faisant leurs gros titres sur des « rumeurs » d’alcôve d’un couple en vue, rien n’a été dit sur la Journée mondiale de l’eau qui s’est tenue en mars dernier.
Pourtant, face à cette désaffection du vrai métier de journaliste, un magazine télé décalé et éclectique ose présenter de brefs reportages qui questionnent notre conscience et dénoncent ce monde qui marche sur la tête. Evidemment il faut le dénicher, puis se lever aux aurores pour suivre les propos de « Yourope » sur Arte… avec le risque d’arrêter de se préparer pour le boulot et de s’asseoir pour bien écouter…
Un zoom sur deux reportages de notre confrère qui se définit comme « un magazine interactif à la rencontre des Européens qui cherchent à inventer l'avenir ». Vaste programme.
En Allemagne des milliardaires ont fondé le Club des héritiers pour protester contre l’inégalité des impositions qui défiscalisent les plus riches (pas d’impôt sur la fortune outre-Rhin). Ils considèrent qu’être riche implique aussi des obligations vis-à-vis de la société et des plus pauvres, d’autant que l’égalité d’imposition des revenus est un principe sacré inscrit dans la constitution allemande.
Ces militants (dans la rue, eh oui, avec des tracts) proposent que les grosses fortunes (> 500.000 euros) payent une taxe de 5 % pendant 2 ans puis de 1 % ensuite chaque année. Seule condition à cette contribution civique : un contrôle de l’utilisation de leur argent qui ne doit pas financer d’autoroutes, ni de centrales nucléaires, mais doit être utilisé pour la lutte contre le chômage, pour des actions écologiques et d’éducation.
On se demande pourquoi l’Etat allemand boude un revenu de plusieurs milliards d’euros par an qui seraient bien utiles aux populations qu’il gouverne…
L’exemple typique d’une gestion court-termiste des finances publiques se situe en Grande Bretagne. Il y a des dizaine d’années de cela, une brillante dirigeante de droite, une « dame de fer » encore citée en modèle de ce qu’il faut faire pour redresser l’économie d’un pays, a renfloué les caisses so british en vendant la distribution de l’eau au secteur privé.
Les bénéfices de l’entreprise qui a racheté ce service ont été multipliés par 3. Comment ? Quel miracle ? Preuve de l’incurie de la gestion étatique ? Non, l’entreprise se contente simplement de vendre l’eau au même prix sans entretenir les canalisations. Résultat : 900.000 litres d’eau potable se perdent chaque année à Londres, soit la consommation annuelle en eau d’une ville moyenne européenne…
Pour palier la pénurie actuelle, ces braves entrepreneurs proposent de remorquer régulièrement un iceberg depuis le pôle nord et de le faire remonter la Tamise pour reconstituer la réserve d’eau potable des Londoniens. Très écolo et très bien géré !
Ne devrions-nous pas repenser la notion de fonction publique, les missions des fonctionnaires et un vrai contrôle de leur travail ? Une grille de mesure écologique des entreprises et des gouvernements, avec des indicateurs quantifiables reste le seul outil efficace à mettre en place rapidement.
Pour boucler rapidement la boucle sur l’eau, rappelons que l’ONU a décrété le 22 mars comme la Journée mondiale de l’eau, opération qui devrait être relayé en France avec un degré d’implication aussi important que le Théléthon ou le foot...
Le thème 2010 a porté sur la qualité de l’eau, mettant en évidence l’importance simultanée de la quantité et de la qualité pour la gestion des ressources en eau. Message 2010 : la qualité de l’eau est importante pour les écosystèmes et le bien-être de l’humanité.
On croit trop que l’eau potable est une question lointaine du Tiers Monde… Or l’approche qualitative montre que des Régions françaises sont elles aussi touchées par la pénurie d’eau potable : Bretagne (pollution des eaux par le lisier de porcs industriels), Beauce (pollution des nappes par l’abus des pesticides et engrais), nappes phréatiques côtières dont la salinité augmente(ra) avec la montée des eaux de la mer…
Euh rappelons… gouverner c’est prévoir ?
Kim LUREUIL
Alors que les médias exploitent à loisir la « cucuterie » en faisant leurs gros titres sur des « rumeurs » d’alcôve d’un couple en vue, rien n’a été dit sur la Journée mondiale de l’eau qui s’est tenue en mars dernier.
Pourtant, face à cette désaffection du vrai métier de journaliste, un magazine télé décalé et éclectique ose présenter de brefs reportages qui questionnent notre conscience et dénoncent ce monde qui marche sur la tête. Evidemment il faut le dénicher, puis se lever aux aurores pour suivre les propos de « Yourope » sur Arte… avec le risque d’arrêter de se préparer pour le boulot et de s’asseoir pour bien écouter…
Un zoom sur deux reportages de notre confrère qui se définit comme « un magazine interactif à la rencontre des Européens qui cherchent à inventer l'avenir ». Vaste programme.
En Allemagne des milliardaires ont fondé le Club des héritiers pour protester contre l’inégalité des impositions qui défiscalisent les plus riches (pas d’impôt sur la fortune outre-Rhin). Ils considèrent qu’être riche implique aussi des obligations vis-à-vis de la société et des plus pauvres, d’autant que l’égalité d’imposition des revenus est un principe sacré inscrit dans la constitution allemande.
Ces militants (dans la rue, eh oui, avec des tracts) proposent que les grosses fortunes (> 500.000 euros) payent une taxe de 5 % pendant 2 ans puis de 1 % ensuite chaque année. Seule condition à cette contribution civique : un contrôle de l’utilisation de leur argent qui ne doit pas financer d’autoroutes, ni de centrales nucléaires, mais doit être utilisé pour la lutte contre le chômage, pour des actions écologiques et d’éducation.
On se demande pourquoi l’Etat allemand boude un revenu de plusieurs milliards d’euros par an qui seraient bien utiles aux populations qu’il gouverne…
L’exemple typique d’une gestion court-termiste des finances publiques se situe en Grande Bretagne. Il y a des dizaine d’années de cela, une brillante dirigeante de droite, une « dame de fer » encore citée en modèle de ce qu’il faut faire pour redresser l’économie d’un pays, a renfloué les caisses so british en vendant la distribution de l’eau au secteur privé.
Les bénéfices de l’entreprise qui a racheté ce service ont été multipliés par 3. Comment ? Quel miracle ? Preuve de l’incurie de la gestion étatique ? Non, l’entreprise se contente simplement de vendre l’eau au même prix sans entretenir les canalisations. Résultat : 900.000 litres d’eau potable se perdent chaque année à Londres, soit la consommation annuelle en eau d’une ville moyenne européenne…
Pour palier la pénurie actuelle, ces braves entrepreneurs proposent de remorquer régulièrement un iceberg depuis le pôle nord et de le faire remonter la Tamise pour reconstituer la réserve d’eau potable des Londoniens. Très écolo et très bien géré !
Ne devrions-nous pas repenser la notion de fonction publique, les missions des fonctionnaires et un vrai contrôle de leur travail ? Une grille de mesure écologique des entreprises et des gouvernements, avec des indicateurs quantifiables reste le seul outil efficace à mettre en place rapidement.
Pour boucler rapidement la boucle sur l’eau, rappelons que l’ONU a décrété le 22 mars comme la Journée mondiale de l’eau, opération qui devrait être relayé en France avec un degré d’implication aussi important que le Théléthon ou le foot...
Le thème 2010 a porté sur la qualité de l’eau, mettant en évidence l’importance simultanée de la quantité et de la qualité pour la gestion des ressources en eau. Message 2010 : la qualité de l’eau est importante pour les écosystèmes et le bien-être de l’humanité.
On croit trop que l’eau potable est une question lointaine du Tiers Monde… Or l’approche qualitative montre que des Régions françaises sont elles aussi touchées par la pénurie d’eau potable : Bretagne (pollution des eaux par le lisier de porcs industriels), Beauce (pollution des nappes par l’abus des pesticides et engrais), nappes phréatiques côtières dont la salinité augmente(ra) avec la montée des eaux de la mer…
Euh rappelons… gouverner c’est prévoir ?
Kim LUREUIL